Il y a des reportages qui vous brisent en deux. Écouter un homme raconter comment il s’est retrouvé dans la rue, comment chaque jour devient une bataille pour survivre, c’est d’une tristesse abyssale. Pas une tristesse vague ou poétique. Une tristesse fabriquée. Produite. Organisée par une société capitaliste et néolibérale qui tolère l’inacceptable au nom du “réalisme budgétaire” et de la “bonne gestion”.
On ne tombe pas dans la rue comme on tombe d’une chaise. On y est poussé, lentement, par des politiques publiques qui laissent les gens glisser, par des gouvernements qui coupent, privatisent, délaissent, ferment les yeux et serrent les dents. Et le plus violent, c’est de voir à quel point cette violence n’a rien d’accidentel. Elle est systémique. Elle est entretenue. Elle est reconduite mandat après mandat par des partis qui se présentent comme “responsables” tout en acceptant que des êtres humains dorment dehors par -20.
Alors oui, il y a une colère qui monte. Une colère saine, une colère du ventre.
Face à ceux qui prétendent être de gauche tout en se rangeant derrière des partis qui poursuivent exactement les mêmes recettes néolibérales que celles qui produisent l’itinérance. Parce que pendant que certains se chamaillent sur l’identité nationale, la “rigueur”, les “bons signaux économiques”, des gens meurent dans la rue.
L’urgence est là. Pas ailleurs. Sortir les gens de l’itinérance. Casser cette machine à broyer. Redonner des moyens aux services publics, aux logements sociaux, aux organismes communautaires, à tout ce qui protège réellement la dignité humaine.
Aujourd’hui, soyons honnêtes : le seul parti qui porte cet objectif de manière sincère, constante et sans se cacher derrière des faux compromis, c’est Québec solidaire. Les autres préfèrent reconduire un système qui écrase les plus vulnérables, un système fait pour rassurer le patronat, détruire les syndicats et gérer la pauvreté plutôt que l’abolir.
Devant un reportage comme celui-là, le minimum qu’on peut faire, c’est refuser d’accepter cette fatalité comme une norme. Refuser le cynisme. Et rappeler que la politique doit d’abord servir à protéger la vie humaine, pas à masquer la violence d’un système qui en sacrifie tant.
Cet homme n’a pas trébucé, il a été précipité dans la rue par un système capitaliste qui accepte que des vies se brisent pour préserver les profits.
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