L’annonce de l’assassinat d’Ali khamenei par les États-Unis et Israël provoque des réactions intenses et contradictoires.
Avant toute chose, il faut être clair, le régime iranien est une dictature théocratique qui a réprimé, emprisonné, torturé et tué. Les soulèvements populaires ont été écrasés dans le sang. Des milliers de prisonniers politiques, de femmes, d’opposants, de minorités ont payé le prix fort. On ne l’oublie pas!
Il est donc compréhensible que des Iraniens et Iraniennes puissent ressentir un soulagement, voire une joie, face à la disparition d’un chef qu’ils considéraient comme leur bourreau...en somme on ne peut juger ced réactions depuis l’extérieur.
Mais la question politique est différente.
Faut-il, nous réjouir de cet assassinat ?
Du moment qu'on se place du côté stricte de l'émancipation d'un peuple vers une société progressiste et sociale. On ne peut pas resumer la question à " un dictateur est mort, c'est une victoire"...
L’histoire récente nous oblige à la prudence. Lorsque Muammar Kadhafi a été renversé et tué, certains ont célébré. La Libye s’est ensuite enfoncée dans le chaos. Lorsque Saddam Hussein a été exécuté après l’invasion américaine, l’Irak n’a pas accédé à la paix et à la démocratie mais à la fragmentation, aux milices, au terrorisme et à des centaines de milliers de morts. L’élimination d’un dictateur par une puissance étrangère n’est pas synonyme d’émancipation populaire. Elle ouvre la porte à d’autres formes de domination.
Dans le cas présent, ce ne sont pas les peuples qui ont renversé leur oppresseur. Ce sont deux États criminel engagés dans une stratégie géopolitique brutale.
Les États-Unis, dirigés par Donald Trump, ont mené cette opération militaire sans réel mandat démocratique clair du Congrès. Israël, sous la direction de Benjamin Netanyahu auteur d'un génocide, fait lui-même face à de graves accusations internationales et à des crises politiques internes majeures.
Quand des gouvernements contestés, accusés de crimes et engagés dans des logiques de guerre décident unilatéralement d’éliminer un chef d’État étranger, on n’est pas dans une dynamique d’émancipation des peuples. On est dans un acte de puissance.
La gauche ne peut pas adopter une position naïve. Nous ne sommes ni défenseurs du régime iranien ni relais de sa propagande.
Mais nous ne pouvons pas applaudir un assassinat politique décidé par des puissances qui n’ont aucune légitimité à se poser en libératrices. Se réjouir sans nuance, c’est accepter un monde régi par la loi du plus fort.
Notre ligne est simple. Soutenir les peuples, pas les régimes. Nous soutenons les Iraniennes et Iraniens qui se battent contre l’oppression, les travailleurs qui réclament des droits, les étudiants qui défient la police religieuse. Et nous pensons que l’émancipation doit venir d’en bas, par la mobilisation populaire, pas par des frappes ciblées décidées à Washington ou à Tel-Aviv.
Oui, la joie peut se comprendre chez celles et ceux qui ont souffert directement. Mais politiquement, la question reste entière..Que se passe-t-il après ? Qui gagne en influence ? Qui contrôle le pays ? Qui paie le prix des représailles, des sanctions et de l’escalade ?
Notre boussole reste la même. Celle de l'autodétermination des peuples, refus de la dictature, refus de l’impérialisme. La solidarité internationale, c’est parfois tenir deux vérités ensemble. Comprendre la rage d’un peuple opprimé, sans laisser sa libération être confisquée par des intérêts géopolitiques!
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