Nous sommes en train d’assister, en plein cœur de nos villes, à l’extinction lente mais certaine d’un peuple déjà meurtri par des siècles de colonisation, et on continue de détourner le regard comme si c’était un fait divers quelconque.
Une vingtaine, une trentaine de décès de personnes autochtones sans-abri recensés en moins de deux ans dans un quartier de Montréal. On affiche des photos, on met un titre choc, puis on passe à autre chose. Pendant ce temps, les mêmes structures sociales qui produisent la pauvreté, l’itinérance, le racisme systémique, restent intouchées.
Ce n’est pas un fléau invisible parce que la nature est cruelle. C’est un fléau organisé par nos sociétés, par nos politiques, par notre passivité collective.
Et ce n’est nullement un hasard si ce sont des corps autochtones qui s’empilent dans l’inaction. C’est le résultat d’un système colonial et capitaliste qui détermine qui mérite un toit, qui mérite de la chaleur, qui mérite de vivre. Pas parce que ces personnes ont choisi d’être pauvres ou de dormir dehors, mais parce qu’on refuse depuis trop longtemps de sortir du déni
On n’est pas en train de vivre une fatalité.
On est en train de répéter un crime de longue date contre les peuples autochtones. Tant que nos sociétés laisseront la pauvreté se répandre sans répondre à l’urgence, tant qu’on tolérera cette invisibilité volontaire, nous serons complices de ces morts.
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