Yves-François Blanchet affirme que « le Québec devrait craindre le Canada plutôt que les États-Unis » et invite Ottawa à « ne pas provoquer Donald Trump ». Dans le même souffle, il relativise la menace trumpiste en parlant de la « fantaisie du 51e État », tout en tenant un discours anxiogène sur l’immigration: « ghettoïser Montréal », « accueillir et échouer l’accueil », préserver « nous-mêmes ». Bref, le Canada serait la menace structurelle, Trump un problème temporaire, et l’immigration le terrain où l’on rebrasse les vieux réflexes identitaires.
Et c’est là que le parallèle avec Paul St-Pierre Plamondon est éclairant. lui aussi a adopté une posture de prudence et de “gestion” face à Trump, en ramenant l’enjeu à des considérations stratégiques et commerciales plutôt qu’à une condamnation politique claire de l’extrême droite trumpiste. Dans les deux cas, on voit une tendance lourde, une partie de l’indépendantisme québécois glisse vers une droite identitaire qui prend des pincettes avec l’extrême droite US, comme si le trumpisme était juste une parenthèse diplomatique, et non un projet autoritaire qui abîme des vies, des droits, et des institutions.
Au final, cette souveraineté version “identitaire de droite” ressemble moins à un projet d’émancipation qu’à une realpolitik frileuse, dure avec Ottawa, molle avec Trump, et toujours prompte à parler “valeurs” quand il s’agit d’immigration, mais beaucoup moins quand il s’agit de démocratie, de droits et de violence politique.
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