On a vu certaines figures politiques de gauche rendre hommage à François Legault. Et franchement, ça pose une vraie question.
Dans leur monde, peut-être que Legault était un “collègue”. Un adversaire politique, oui, mais un collègue quand même. Ils se croisent, ils se parlent, ils s’appellent, ils se serrent la main. C’est leur réalité.
Mais pour le peuple, ce n’était pas un collègue.
Pour les populations marginalisées, pour les femmes musulmanes, pour les prolétaires pour toutes celles et ceux qui ont subi ses politiques, son climat, ses discours, il n’y a rien à célébrer, rien à honorer, rien à “saluer”. Eux ne vivent pas la politique comme un théâtre institutionnel, mais comme quelque chose qui pèse sur leur quotidien.
Et c’est là le malaise: quand une partie de la gauche institutionnelle rend hommage à ce genre de pouvoir, elle parle depuis le sommet, pas depuis le terrain. Elle pense en termes de respectabilité, de codes, de tradition. Pendant que les gens, eux, pensent en termes de dégâts, de violence sociale, de mépris et d’exclusion.
Alors oui, on peut faire un bilan. On peut analyser. On peut critiquer. Mais rendre hommage, c’est autre chose. Un hommage, ça adoucit, ça normalise, ça réhabilite. Et nous, on refuse cette complaisance.
Parce que si même la gauche commence à féliciter les figures du pouvoir bourgeois, qu’est-ce que ça dit de notre camp ? Qu’est-ce que ça dit de notre solidité ? Et qu’est-ce que ça dit de l’écart entre la gauche institutionnelle et le peuple qu’elle prétend représenter ?
Nous, on espère une gauche qui ne flanche pas. Une gauche qui ne confond pas les politesses du système avec la loyauté envers les gens.
Et surtout, une gauche qui n’oublie jamais que le peuple n’a pas besoin d’hommages. Il a besoin de justice sociale.
/image%2F7199906%2F20260114%2Fob_7360d2_1000058453.jpg)