La gauche est-elle dans une chambre d'écho ?
D'abord, il faut dire qu'il y a des gens qui résistent déjà et n'attendent pas de compromis. Exemple : il y a eu des manifs du Front antifas il y a quelques semaines, des mobilisations, des collectifs qui se structurent, des organisations qui font le travail sur le terrain, pour ne citer que cet exemple, alors qu’il y a aussi des organisations communistes qui, elles aussi, sont dans l'action.
Quand on regarde les luttes, les gens ne sont pas tous “dans nos bulles”, loin de là. Oui, il y a des bulles militantes, mais ça, c'est normal dans un paysage social.
Je pense que si le post a fait réagir certains camarades, c'est aussi à cause des termes “chambres à écho” et “polarisation”. Désolé, mais c’est le refrain flou que les centristes et les libéraux ressortent à chaque fois. Même si ce n'est pas le cas dans ce post... Quand on sort ces mots, ça sonne profond, mais ça n’explique rien et ça ne construit rien.
Le problème de la gauche antifasciste, ce n’est pas qu’elle est enfermée dans une bulle. C’est qu’elle manque de moyens, d’espace, de relais, et surtout qu’elle se heurte à une masse de gens “modérés” qui ne veulent pas se mobiliser tant que ça ne ressemble pas exactement à leur confort politique.
Nous étions à la manif du Front antifasciste, avec plusieurs organisations antifas qui ont convergé pour marcher ensemble. Et soyons honnêtes : dans la rue, il n’y avait pas soudainement des milliers de nouveaux venus “entre deux opinions”. C’était surtout des gens déjà politisés, déjà militants, déjà dans la lutte.
Donc, si on veut vraiment “retisser des liens”, le vrai message à envoyer, il est là. Il faut que les gens qui se disent inquiets, ceux qui ne sortent qu’aux grosses manifs syndicales très encadrées ou aux rassemblements consensuels, commencent eux aussi à se mobiliser ailleurs.
À rejoindre des groupes. À donner du temps. À accepter d’être au milieu d’organisations imparfaites, de mots d’ordre parfois rugueux, de styles différents.
Et pour ceux qui sont dans les associations, petite précision : un groupe militant politique vise souvent l’action directe sur le rapport de force et la bataille idéologique, tandis qu’une association est généralement organisée autour d’une mission plus continue d’entraide, de services et de défense des droits au quotidien. Mais ce n’est pas “moins politique” pour autant.
Accompagner des travailleurs immigrants, lutter pour faire revenir le PEQ, faire de l’éducation populaire, de l’aide juridique ou de l’organisation communautaire, c’est déjà du militantisme concret, parce que ça lutte contre des injustices et ça construit du pouvoir collectif, même si ça ne porte pas toujours l’étiquette d’un groupe militant.
Alors moi je le dis aux gens en général : si tu restes derrière ton écran en attendant un collectif qui te ressemble en tout point, avec exactement ton ton, tes références, ton esthétique et ton niveau de “confort”, tu vas attendre longtemps. Et après tu vas dire “ouf, quelle polarisation, quelles chambres à écho”… alors que non, c’est juste ça la lutte.
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