Je veux revenir sur la démission de Dubé, ministre de la Santé. Pourquoi il a démissionné ? Car les médecins ont gagné, on le sait. On va donc analyser çela en parallèle avec la guerre contre les syndicats des travailleurs.
Sur cette page, on a reçu beaucoup de critiques de la part de médecins parce qu’on a parlé de leur domination, de la puissance de leur lobby.
Pourtant, les faits sont là. Ce n’est pas une attaque morale, c’est un constat politique et matériel.
Qu’est-ce que ça dit, qu’un ministre puisse être mis en échec par les médecins, alors que des syndicats entiers n’arrivent même pas à freiner une loi qui attaque frontalement les droits des travailleurs ? ( on espère que ça va arriver)
Ça dit d’abord que tous les rapports de force ne se valent pas. Les médecins ne sont pas un groupe dominé qui mendie une écoute.
Ils occupent une position stratégique dans la structure sociale. Capital scolaire élevé, statut social valorisé, pouvoir symbolique immense, capacité de nuisance directe sur le fonctionnement de l’État.
Quand ils parlent, on écoute. Quand ils menacent, le système tremble.
Les syndicats, eux, représentent des travailleurs interchangeables du point de vue du capital et de l’État. Leur grève peut être criminalisée, leurs revendications qualifiées d’irresponsables, leur colère rendue invisible ou illégitime.
On peut leur imposer des lois spéciales, les forcer au travail, les présenter comme un problème d’ordre public.
Essayez de faire la même chose aux médecins, et vous verrez immédiatement où sont les limites réelles du pouvoir politique.
Ce rapport de force révèle quelque chose de fondamental sur notre société.
Que l’État ne gouverne pas en fonction de l’intérêt général, mais en fonction des groupes capables de bloquer le système.
Les médecins ne gagnent pas parce qu’ils ont “raison”, ils gagnent parce qu’ils ont du poids. Du poids économique, du poids symbolique, du poids médiatique. Leur domination est acceptée, naturalisée, souvent même célébrée.
La démission de Dubé n’est donc pas un accident individuel ou une faiblesse personnelle. C’est l’aveu que, face à certaines fractions des classes dominantes, le pouvoir politique recule. Et qu’en revanche, face aux travailleurs organisés, il avance sans hésiter.
Voilà ce que ça dit de notre société. Une société où la force n’est pas du côté du nombre, mais du côté de la position sociale....Sauf si le nombre sort dans la rue et résiste longtemps. Mais dans ce cas là, il devra faire face a la violence de l’État.
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