À écouter: cette masterclass de Philippe Néméh-Nombré sur le rapport de la colonisation québécoise avec les Premières Nations, suite au discours révisionniste et fantasmé de PSPP lors du congrès du PQ.
En 2023, nous avions déjà posé la question dans notre balado, parce que nous savions que cette partie de l’histoire est instrumentalisée par la droite. Trois ans plus tard, la voilà qui ressurgit.
Partagez au maximum cette vidéo pour contrer le discours de la droite et faire circuler, sur les réseaux, une vision plus juste des faits historiques.
En résumé, Philippe Néméh-Nombré explique que la relation entre les Québécois et les Premières Nations a été marquée par une colonisation fondamentalement destructrice, même si elle s’est parfois présentée comme « positive » ou « harmonieuse ».
Il rappelle que les Français, tout comme les Britanniques après eux, voulaient avant tout s’approprier le territoire. L’idée de « proximité » ou de relations harmonieuses est une construction nationaliste qui sert aujourd’hui à légitimer la possession du territoire, tout en masquant la violence historique.
Pour lui, c’est un récit dévastateur, parce qu’il permet de se décharger de la responsabilité coloniale et de revendiquer une légitimité qu’il conteste vivement.
Il souligne aussi que les alliances initiales avec les Premières Nations étaient avant tout stratégiques. Les Français cherchaient à s’installer et, avec moins de moyens, ont superposé leurs ambitions coloniales à celles des Britanniques.
Il insiste sur l’instrumentalisation des femmes autochtones: un récit romantique est mobilisé pour masquer la violence et légitimer la possession actuelle du territoire.
Bref, il critique la transformation d’une histoire coloniale en récit de proximité, pour se dédouaner des injustices et revendiquer une légitimité qu’il conteste fermement.
Enfin, il déconstruit l’idée selon laquelle les colons québécois n’auraient pas usé de violence. Il dit que c’est un fantasme nationaliste de prétendre que seuls les Britanniques auraient été violents.
En réalité, les Français avaient les mêmes visées coloniales, mais avec moins de moyens. La violence était là dès le début, et l’effacer aujourd’hui relève d’une stratégie discursive qui cherche à blanchir la mémoire collective.