Après les artistes, PSPP s’en prend à Radio-Canada: le chef péquiste n’a pas l’intention de changer son style.
Et il a bien raison de ne pas changer, étant donné qu’il est dans une perspective de radicalisation de son discours.
Ça plaît à sa base et, franchement, quand on voit que la CAQ a pu durer 8 ans, PSPP sait qu’avec notre mode de scrutin, il n’a pas besoin de la majorité.
La CAQ a banalisé la xénophobie et l’islamophobie, les médias eux-mêmes n’ont plus trop de problème avec ça. Il ne faut juste pas venir toucher à leur petit cercle, mais sinon on voit bien que pour la droite la plus conservatrice, on déroule le tapis rouge.
Pas plus tard que ce matin, le nouveau MBC version Gen Z, Étienne-Alexandre Beauregard, jeune réactionnaire de 25 ans qui recycle la même bouillie identitaire, fait frémir les médias libéraux. Ça parle de décadence, de chute de nos civilisations (il faut comprendre: des Blancs chrétiens), de menace existentielle, toujours sur le même ton catastrophiste. Des thèmes qu’on nous sert en boucle depuis presque 20 ans, avec des Michel Onfray, Éric Zemmour et toute la filière des éditocrates anxiogènes.
La seule vraie nouveauté, c’est le packaging: un visage plus jeune, un langage un peu actualisé, une esthétique Gen Z pour vendre les mêmes obsessions identitaires poussiéreuses. Et évidemment, les médias se précipitent, fascinés, comme si on assistait à l’émergence d’une pensée profonde, alors qu’on est juste devant une énième déclinaison du même discours réactionnaire qui cherche un nouveau public.
Bref, PSPP a bien vu qu’avoir Radio-Canada sur le dos, c’était un gage de respectabilité dans son milieu (comme c’est le cas à gauche aussi, on a vu comment RC a traité Haroun) et donc on ne change pas le ton.
Après, la grosse différence, et la raison pour laquelle PSPP fait le malin, c’est qu’il sait qu’il a un empire médiatique de droite réactionnaire derrière lui. Québecor est prêt à le faire élire.
Nous, la gauche, on n’a aucune force médiatique.
Donc même si j’ai envie de dire à QS « prenez-en de la graine », et tenez tête vous aussi, la vraie leçon, c’est qu’on ne gagnera jamais en jouant le jeu de ces médias-là. À gauche, notre camp, il est chez les classes non bourgeoise, dans les luttes sociales et syndicales, pas dans les salons d'aucun média ou cercle dominant.