On nous parle d’immigration tous les jours.
À force, on finit par croire que c’est le problème numéro un, celui qui justifie toutes les paniques et toutes les sorties de route.
Pendant ce temps, un autre drame se déroule en continu, sans débats, sans scandale, sans “urgence nationale”
Au Québec, en 2024, il y a eu 246 décès liés au travail. Ça revient à presque cinq morts par semaine, presque un mort par jour.
Et ça, étrangement, ne devient jamais le sujet central.
Pourquoi ce silence ?
Parce que parler des morts au travail, ça oblige à regarder le vrai moteur du problème : le système néolibéral capitaliste.
Celui qui transforme la sécurité en “coût”, la prévention en “paperasse”, et la vie humaine en variable d’ajustement.
Quand les profits passent avant tout, la pression augmente, les horaires se durcissent, la formation se bâcle, et le risque devient normal.
Les morts ne sont pas un accident isolé, elles sont le résultat logique d’un modèle qui exige toujours plus, plus vite, avec moins de protections.
Et ces protections, justement, ne tombent pas du ciel. Elles existent parce que les travailleurs se sont organisés, parce que les syndicats ont imposé des règles, parce qu’ils ont arraché des droits.
Sauf qu’on est en pleine guerre contre ça : affaiblir les syndicats, c’est affaiblir le seul contre-pouvoir concret sur les chantiers et dans les milieux de travail.
La CAQ pousse ce recul depuis des années : plus de “flexibilité” pour les employeurs, moins de contraintes, moins de levier collectif pour les salariés. Et sur le fond, ce cap est soutenu par presque tout le monde(PLQ PQ PCQ), parce que c’est le consensus du centre politique : on gère le travail comme on gère un budget, pas comme on protège des vies.
La seule exception claire, c’est Québec solidaire, qui assume encore que la santé et la sécurité ne sont pas négociables et que le rapport de force doit rester du côté des travailleurs.
On peut continuer à faire du bruit sur l’immigration, mais la réalité, c’est qu’au Québec, des gens meurent parce qu’ils travaillent, et ça devrait nous hanter.
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