Notre analyse de cette histoire de 3 pères Noël, des lutins, 3000 dollars de nourriture, redistribuée quelques kilomètres plus loin. La Presse parle d’un « vol insolite ». Les camarades, eux, parlent d’un acte politique. Et ils ont raison.
Ce qui s’est passé au Metro du Plateau c’est donc une action symbolique, organisée, revendiquée, qui met le doigt exactement là où ça fait mal : dans un système où les profits explosent pendant que des gens peinent à se nourrir correctement.
Quand les loyers, la nourriture et les biens essentiels deviennent inaccessibles, il faut arrêter de faire semblant que tout cela est naturel, technique ou inévitable.
Metro se défend en invoquant la chaîne d’approvisionnement, la volatilité des marchés, les perturbations mondiales.
Le discours est bien rodé. Toujours la même musique : personne n’est responsable, tout est abstrait, tout est extérieur. Pourtant, dans les faits, les géants de l’alimentation annoncent des profits records pendant que les banques alimentaires débordent.
Ce décalage n’est pas un accident. C’est le résultat direct d’un rapport de force économique.
Les Robins des ruelles ne s’en sont pas pris à des individus, ni à des travailleurs. Aucun blessé. Aucun geste gratuit. Ils ont pris des denrées non périssables et les ont redistribuées publiquement, comme une guignolée inversée, en exposant l’absurdité morale du système. Quand nourrir des gens devient un crime, mais affamer tranquillement une partie de la population devient une normalité économique, il y a un problème politique majeur.
On nous répétera que « le vol est inacceptable ». Très bien. Parlons alors du vrai vol. Celui qui consiste à gonfler artificiellement les prix des besoins essentiels. Celui qui transforme la nourriture en marchandise spéculative. Celui qui oblige des familles à choisir entre manger et payer leur loyer. Celui-là est légal, discret, quotidien, et largement protégé.
Saluer cette action, ce n’est pas faire l’éloge du chaos. C’est rappeler que la loi n’est pas synonyme de justice, et que l’ordre économique actuel repose sur une violence sociale permanente, beaucoup plus destructrice que 3000 dollars de denrées redistribuées.
Les Robins des ruelles ont fait ce que le discours dominant refuse de faire : nommer les responsables, politiser la misère et briser le consensus confortable autour de la faim organisée. Pour ça, respect.
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