⚠️🇨🇺C'est scandaleux ! Pendant que Cuba s’enfonce dans une crise majeure, nos médias québécois persistent à regarder ailleurs. Ou plutôt, ils regardent au mauvais endroit.
À la radio, dans les journaux, sur les plateaux, l’angle dominant reste le même: faut-il éviter d’y aller en vacances?, est-ce sécuritaire pour les touristes?, risque-t-on de rester coincés? Comme si l’événement central, c’était encore une fois nous.
On parle d’un pays privé de kérosène, d’électricité, de carburant, où l’État annonce des semaines de travail réduites, des restrictions sévères, des services essentiels rationnés. Tous les voyants sont au rouge. On est clairement devant une situation qui se dirige vers une crise humanitaire profonde. Et pourtant, ici, l’information est traitée comme un simple dossier de voyage, un enjeu logistique pour snowbirds et tout-inclus.
L’extrait diffusé à la radio est révélateur: on rassure, on relativise, on explique que « ce n’est pas pire qu’ailleurs », que les voyageurs ne sont pas en danger, que Cuba se “vide” de ses touristes. On parle d’émotion, d’attachement, de cœur, mais jamais de politique. Jamais de ce qui provoque cette situation. Jamais de l’asphyxie économique. Jamais de la violence structurelle qui frappe directement la population.
C’est là que le malaise est total. Des millions de Québécois sont allés à Cuba. Pas une fois. Souvent. Ils y ont vu les écoles, les familles, les pénuries déjà existantes, la débrouillardise quotidienne. Ils savent. Et malgré ça, quand le pays entre dans une phase critique, c’est un silence politique assourdissant. Comme si Cuba n’avait aucun lien avec nous. Comme si ce n’était qu’un décor de vacances devenu soudainement “problématique”.
On nous propose une solidarité molle, caritative, dépolitisée. Aimer le peuple cubain, oui, mais sans jamais nommer ce qui l’écrase. Compatir, envoyer de l’aide, mais surtout ne pas prendre position. Cette fausse solidarité permet de rester confortablement neutres, de ne froisser personne, de ne jamais désigner de responsables.
Les médias ont une responsabilité immense dans ce choix d’angle. En ramenant constamment la situation à une question touristique, ils invisibilisent la réalité vécue par la population cubaine. Ils transforment une crise provoquée en simple désagrément pour voyageurs. Ils neutralisent la colère, la compréhension politique, l’indignation.
Cuba n’est pas en train de vivre une mauvaise saison touristique. Cuba est en train de subir une violence économique organisée, dont les causes sont connues et documentées.
L’arrêt de l’approvisionnement en pétrole du Venezuela sous pression directe de Washington, les menaces américaines contre tout pays qui tenterait encore de vendre du carburant à La Havane, l’assèchement des importations, puis l’effondrement en cascade de l’électricité, des transports et des services essentiels.
Le Canada, lui, se contente d’avertissements touristiques, sans jamais dénoncer politiquement cette stratégie d’étranglement, ce silence n’est pas une neutralité, c’est une collaboration par omission.
Et pendant ce temps, on nous sert de grands discours sur un « ordre mondial qui change », sur les règles et les équilibres à redéfinir. Petit clin d’œil, quand l’ordre impérial se resserre, Cuba est clairement au menu… et le Canada est bien assis à la table, silencieux, mais présent.
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