On a les soutiens qu’on mérite....Pour ceux qui ont encore un doute que la politique d’immigration de la CAQ est faite pour plaire à l’extrême droite, la chronique de Mathieu Bock-Côté vient lever toute ambiguïté.
Quand l’intellectuel préféré de la droite identitaire monte au créneau pour dire à un ministre caquiste « tenez bon », ce n’est pas un hasard. C’est un signal. Et un signal très clair.
Alors, faut dire que comme d'habitude, le texte de Bock-Côté n’est pas une réflexion sur les politiques publiques. C’est une pièce de soutien idéologique. Il ne discute pas des chiffres, il ne compare pas les scénarios, il ne questionne pas les choix économiques du gouvernement. Il valide une orientation politique déjà décidée, et la recouvre d’un vernis de « bon sens ».... On veut expluser des immigrants... MBC est présent !
Tout est écrit d’avance...le problème, c’est l’immigration, la preuve, c’est la saturation des services, la solution, c’est de fermer la porte, les opposants, ce sont des idéologues, des avocats cupides ou des intérêts..Aucune surprise. Juste une mécanique bien huilée.
La « capacité d’accueil », ce mot-valise magique sur le quel repose le cœur du raisonnement. C'est donc un concept volontairement flou, car la capacité d’accueil. Elle n’est jamais définie, jamais mesurée, jamais située politiquement. Elle devient une évidence naturelle, presque biologique.
Or, la capacité d’accueil n’est pas un fait neutre. Elle dépend des choix budgétaires, du financement du logement social, des investissements en santé et en éducation, des politiques de travail et de salaires. Présenter la saturation comme une fatalité causée par les immigrants, c’est effacer vingt ans de décisions politiques.
Mais cette omission n’est pas un oubli. C’est une stratégie. Le passage le plus brutal du texte est celui où les travailleurs temporaires sont sommés de « retourner chez eux ». Le ton est sec, déshumanisé, administratif. Ils ont travaillé, ils ont été payés, qu’ils dégagent.
Aucune réflexion sur le fait que ces personnes ont comblé des pénuries structurelles. Aucune mention du fait que l’économie québécoise s’est organisée autour de cette main-d’œuvre. Aucune interrogation sur la responsabilité morale et politique de l’État.
Le contrat est présenté comme une frontière morale absolue. Ce qui est légal devient automatiquement juste. C’est une vision purement utilitariste des êtres humains...mais normal c'est l'extrême droite qui parle...
Quand l’extrême droite applaudit, il faut écouter..Ce texte explique beaucoup plus que ce qu’il prétend dire. Il révèle pourquoi la CAQ est désormais applaudie par des figures et des courants idéologiques qui, hier encore, se disaient « marginalisés ».
Quand Bock-Côté parle de « sevrer » certains intérêts, il parle le langage de la guerre culturelle. Quand il oppose le « peuple » à des élites morales et économiques, il reprend une rhétorique identitaire classique. Quand il criminalise la contestation en parlant de « diabolisation », il prépare le terrain à la délégitimation de toute opposition. Ce n’est pas un accident. C’est une convergence.
Pour conclure, la question n’est donc pas de savoir si ce texte est excessif.
La vraie question est pourquoi ce discours trouve-t-il autant d’écho au sommet de l’État québécois ? Et la réponse est simple.
Parce que la CAQ a fait le choix de parler à cet électorat-là. Et parce que, comme toujours en politique, les soutiens les plus enthousiastes sont souvent les plus révélateurs.
Note importante que le PQ est pour retirer le PEQ, donc tout le texte est valable pour le PQ aussi. La CAQ et le PQ sont sur la même ligne que MBC...faut le rappeler.
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